
J’APPARTIENS…
Par Claude Laroche
Porte-parole de la Semaine nationale de la santé mentale
Tous les printemps, la Semaine nationale de la santé mentale nous propose des pistes de réflexion sur la façon dont nous prenons soin de notre équilibre personnel. Nous appuyant sur la certitude que la santé mentale, ça regarde tout le monde, nous sommes invités cette année à nous pencher sur l’importance de développer avec notre entourage un véritable sentiment d’appartenance. Sans ce sentiment, sans la certitude de faire partie d’un groupe qui nous aime, nous accepte et nous respecte, nous risquons tous de sombrer dans la solitude et l’isolement, et de perdre ainsi cet équilibre mental qui est la source la plus précieuse et la plus fragile de notre bien-être.
Pour préserver et développer ce sentiment d’appartenance, il n’est évidemment pas nécessaire de monter dans la stratosphère ou de contempler l’histoire de l’humain dans son ensemble. Il suffit d’ouvrir notre cœur et nos yeux et de regarder autour de nous. Ce à quoi nous appartenons d’abord, c’est à notre famille, notre quartier, notre village. Ceux avec qui nous vivons au quotidien, nos frères, nos sœurs, nos parents, nos enfants, nos conjoints, nos conjointes et nos amis proches, voilà notre première société. Ceux avec qui nous travaillons tous les jours, ceux avec qui nous construisons, commerçons, gérons nos affaires, voilà notre territoire. Ceux que nous rencontrons en sortant de nos demeures, nos voisins et voisines, ceux et celles que nous croisons dans la rue, voilà notre tribu. Chaque fois que nous prenons soin de cet environnement qui est le nôtre, nous créons notre place dans le monde. C'est là que la grande question du sens de la vie et de la quête du bonheur trouve ses réponses.
J’ai une famille presque nombreuse, un réseau d’amis solide qui résiste au temps, j’habite une coopérative d’habitation regroupant des gens merveilleux qui mettent leurs ressources et leur bonne volonté en commun, je me promène quotidiennement dans mon quartier dont je fréquente assidument les commerces, j’exerce un métier qui me demande de travailler au quotidien avec des dizaines de personnes, et pourtant, il m’arrive parfois de frapper le nœud de la solitude et de l’isolement. Ce nœud, il me prend au cœur et à la gorge, et il pourrait facilement me monter jusqu’à l’esprit. C’est dans ces moments-là que le sentiment d’appartenance vient me secourir. Notre réseau de parents, amis, collègues et voisins, il faut l’entretenir et le soigner. Il est notre police d’assurance pour les moments de doute et de désespoir ou tout simplement, comme le disait Pierre Harel, quand « le blues passe pus dans porte ».
P. S. Le 5 juin prochain, ce sera partout au Québec La Fête des voisins. Profitez-en!